Manteau en fausse fourrure, Givenchy. Collier Haute Joaillerie en platine, saphir du Sri Lanka, diamants tailles marquise et baguette, et diamants, Bulgari.

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Une carrière étincelante, mais une appréhension chronique. Un physique de femme fatale, mais une timidivấp ngã encombrante. Elle s’en étonne, mais la fascinante actrice, dark muse de Tyên ổn Burton, véhicule malgré elle un mystère très cinématographique. Confidences.


Lumineuse mais dark, tel n’est pas le moindre des paradoxes d’Eva Green. Un physique de star des années 1950 - carrossée comme une pin-up -, l’expressivivấp ngã d’une diva du muet - des yeux démesurés -, une voix basse de femme fatale et un nom de starlette des sixties, si improbable qu’on pense à un pseudonyme - il n’en est rien. Mademoiselle Green, tanagra franco-suédois, fille d’une idole nationale (Marlène Jobert) et d’un dentiste, vit à Londres et tourne au compte-gouttes dans des films américains. Elle échappe à toute tentative sầu de classification, n’emprunte aucun chemin balisé. Elle-même semble déconcertée lorsque l’on essaie de rassembler les pièces du puzzle. « Je ne sais pas », dit-elle, impuissante, avant de souligner ce qu’on savait déjà : « Je n’aime pas parler de moi. » Un euphémisme dans la boubít de cette jeune femme ausđắm say attendrissante qu’effarouchée, tétanisée par le moindre compliment.

La secrète


Eva Green, corps et âme
Robe bustier en laine, Saint Laurent par Anthony Vaccarello. Boucles d’oreilles Haute Joaillerie en platine, onyx, diamants taille marquise, et diamants, Bulgari Wild Pop.


La vie d’Eva Green ne contredit aucune de ses déclarations. À l’heure de l’agitation obscène des instagrameuses et autres stakhanovistes de l’auto-moi à perpétuibửa, elle brille notoirement par son absence sur les réseaux sociaux et les tapis rouges, ne parle pas à tort et à travers, a verrouillé sa vie privée - elle prétend qu’elle n’en a pas, mais on refuse de la croire. Bref, Eva Green, la secrète, semble entièrement (dé)vouée au cinéma et au perfectionnement obsessionnel de ses qualités dramatiques : elle est, de fait, une remarquable actrice.

La débutante fit une entrée fracassante au cinéma dans Innocents :The Dreamers, de Bernardo Bertolucci, grvà découvreur de talents. C’était il y a quinze ans. Puis, elle a marqué à tout jamais les dévots de James Bond en Vesper Lynd, le grand amour de l’agent 007 Daniel Craig, noyé dans les eaux de Venise. Elle a ensuite baladé son corps de vamp de pobít ultrasensuelle dans des films indépendants originaux (Cracks, White Bird…), tout en devenant la nouvelle muse de Tyên ổn Burton : trois films ensemble, dont le prochain - un Dumbo version live - sort en mars et la montre acrobate de cirque face à Colin Farrell et Michael Keaton.

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Si elle n’a pas eu de chance avec Roman Polanski l’an dernier (fallait-il vraiment adapter D’après une histoire vraie ?), on l’attkết thúc en astronaute dans Proxima, de la brillante Alice Winocour. Puis, aventureuse, elle s’est envolée pour la Nouvelle-Zélande où elle tourne The Luminaries, une mini-série britannique sur la ruée vers l’or. Enfin, personne n’a oublié son interprétation époustouflante de Vanessa Ives, dans les vingt-sept épisodes de la série culte Penny Dreadful, qui en a fait la championne de l’internationale gothique, ce qui correspond idéalement à sa nature profonde de ténébreuse.

En vidéo, la bande-annonce de "Dumbo" de Tyên Burton


On rencontre Eva Green à Rome, un beau matin de l’ébửa passé. Sa peau diaphane de rousse semble affrioler tous les moustiques du jardin de l’Hôtel de Russie. Elle est l’ambassadrice de la maison joaillière Bulgari et, la veille, a présenxẻ quelques joyaux de la collection Wild Pop : « Comme Elizabeth Taylor, l’une des plus fidèles clientes de Bulgari, j’aime les pièces énormes, bagues et pendentifs. Avoir eu la chance d’admirer les bijoux historiques qu’elle a portés m’a beaucoup émue. » Confidences.

"J’exerce un métier peut-être contraire à ma nature"


« À mon sujet, on évoque souvent un prétendu mystère que je véhiculerais. Non, je ne suis pas une femme fatale, pas plus qu’une séductrice. Je veux bien admettre mon côvấp ngã gothique, mais il n’y a rien de bien mystérieux en moi. La réalixẻ est moins romanesque : je suis d’une timidixẻ extrême. Je ne sors pas, ne suis pas à l’aise en sociévấp ngã : en fait, on ne me voit nulle part. (Elle rit.) Je n’ai aucun talent mondain et peux facilement être paralysée dès que je suis invitée à un dîner où je ne connais personne. Enfant déjà, j’étais toujours en retrait. En revanche, je n’ai aucun problème à jouer un rôle, maquillée, costumée, armée des mots d’une autre. Ma mère me dit souvent qu’il y a deux personnes en moi : une fille réservée et une autre, que je ne comprends pas toujours, capable d’extrême. Mon signe astrologique est le Cancer. Mais quelqu’un m’a expliqué qu’il y a sans doute une erreur : j’ai tout d’une femme Gémeaux. »

"Les acteurs ne devraient pas trop s’exposer"


Eva Green sur du velours
Robe drapée en velours, Alexandre Vauthier. Collier Haute Joaillerie Serpenti, en or blanc, émeraudes et diamants, Bulgari.


« Ce n’est ni un calcul ni une stratégie, c’est ma nature profonde. Je suis un peu old school : par exemple, je déserte les réseaux sociaux. Je sais qu’aujourd’hui on pousse les actrices à s’exprimer sur Instagram, certaines sont mêmes choisies, paraît-il, en fonction de leur nombre de followers. J’ai bien compris que c’était générationnel et que, pour certaines, il s’agissait non seulement d’un outil de promotion, mais aussay mê d’un fonds de commerce, voire d’un gagne-pain. N’empêbít. Tout ce narcissisme me dérange. Je ne suis pas attirée par ces gens que je vois le visage collé à leurs smartphones en train de se photographier ou de dialoguer avec eux-mêmes. Il me semble que, parfois, je m’oublie trop. Comme Vanessa Ives, tháng personnage dans Penny Dreadful, je me regarde peu dans les miroirs. Pas assez, probablement. Peut-être faudrait-il en parler à un analyste ? (Elle rit.) Mais je ne suis pas de thérapie. »


"La confiance n’est toujours pas là"

« Je continue de les appeler, cette paix intérieure et ce gr& calme. (Elle rit.) Tout le monde dans tháng entourage m’avait pourtant affirmé : “En vieillissant, tu iras mieux.” Non seulement, ça ne va pas mieux, mais je crois que ça ne s’arrange pas. Si, avec les années, la sagesse s’est probablement insinuée quelque part, j’ai qu& même l’impression d’être plus fragile et plus vulnérable qu’auparavant. Je trouve ce métier difficile, et j’ai toujours l’appréhension que tout s’arrête. Je ne me suis pas construit de carapace, je ne porte aucune armure, et rien n’est de nature à me rassurer vraiment. Je ne supporte pas la méchancebổ, les rapports de force, la compétition, les jugements à l’emporte-pièce, les phrases toutes faites. Et puis, le cinéma est bien plus dur avec les actrices. Par exemple, il est très difficile pour nous de postuler pour un film d’action. Dans les castings, j’entends souvent : “Une femme ne saura pas faire ça.” Et je ne parle pas des salaires. Je suis moins payée qu’un acteur, beaucoup moins. Parfois quatre fois moins. »

"Muse ? Je ne sais pas"


Eva Green, lady in red
Robe en satin de soie, Gucci. Collier Haute Joaillerie en or blanc, onyx, émeraude de Zambie, émeraudes et diamants, bracelet Haute Joaillerie en or blanc, onyx, émeraudes taille ronde, et diamants, Bulgari Wild Pop.


« Tlặng Burton et moi ne sommes pas ensemble, contrairement à la rumeur. J’ai beaucoup de chance d’avoir travaillé avec lui. Si je l’inspire, il ne me l’a jamais dit. Ce n’est pas son genre : il est timide, pudique, extrêmement sensible. J’ai adoré mes rôles dans Dark Shadows et Miss Peregrine, deux personnages surnaturels et bizarres. Le prochain, l’acrobate dans Dumbo, est un peu moins haut en couleur. Pour le jouer, il a fallu que j’affronte le vertige et ma peur du vide. J’ai suivi une préparation de trois mois avec des gens du cirque, des personnes merveilleuses, đắm đuối joyeuses alors qu’elles travaillent si mê dur. J’y ai tellement pris goût que, le film terminé, c’est devenu un hobby : je continue de fréquenter l’école du cirque de Londres chaque semaine. J’adore faire des efforts, transpirer, réconcilier ma tête et mes muscles : aujourd’hui, on a perdu tout contact avec notre animalibửa, et c’est bien dommage, surtout pour les acteurs. »

Harvey Weinstein se prenait pour Dieu

« Cela n’a pas évấp ngã mê man difficile de confesser que j’avais ébổ harcelée. La bravoure revient à celles qui ont brisé la loi du silence les premières, pas à celles qui, comme moi, ont suivi. Harvey Weinstein, je l’ai croisé à de nombreuses reprises. Le stratagème était toujours identique, semble-t-il : il demandait à vous rencontrer, prétextant une proposition de film. Il sous-entendait qu’il pouvait changer votre carrière s’il le décidait. Je suis timide, mais je sais me défendre et, le moment venu, je me suis défendue. J’étais traumatisée. Ensuite, il a fallu que je fasse en sorte de l’éviter à tout prix, de ne plus jamais le rencontrer. Mais plus vous lui résistiez, plus ça l’excitait, et c’était sans fin. Oui, ça l’excitait de faire peur. Tout ce qu’on dit de lui est vrai, hélas. Je suis particulièrement en colère contre tous ceux et celles qui travaillaient pour cet homme et qui prenaient ses rendez-vous : ils ne pouvaient pas ignorer ce qui allait se passer. A-t-il fait du mal à ma carrière ? Je ne sais pas. Mais ce que je sais, c’est qu’il ne m’a jamais aidée. Je suis heureuse de l’issue de cette affaire. Il y a enfin une justice. »

Dumbo, de Tlặng Burton. En salles en mars 2019.

Les Sorcières de la rue des tempêtes, un conte pour enfants enregistré avec sa mère, Marlène Jobert, vient de paraître aux Éditions Glénat.

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